As-tu vu sur la table, le vase vide ? Jadis, il contentait la fleur de notre amour.
Te souviens-tu comme à nos débuts nous nous en occupions. Chaque jour, nous prenions le temps de l’arroser, de la soigner, de la caresser. D’un petit bouton minuscule grâce à nos efforts, nous créâmes une fleur magnifique que beaucoup nous enviaient. Ce n'était pas une fleur compliquée, pas de celle dont on se sert pour les banquets. C'était une petite fleur des champs, une petite fleur de rien… mais c'était la nôtre.
Un jour, je ne me souviens plus duquel, nous fumes sûr qu'elle se trouvait là et bêtement nous cessâmes de la regarder, de nous en soucier, par notre absence, elle dépérit.
Sa tête commença à plier sous le poids des habitudes.
Ses pétales se mirent à tomber, ne recevant plus la chaleur de nos regards.
Ses feuilles, qu'elle avait si nombreuses, à l'époque de nos jours heureux, se mirent à choir.
Trop occuper par notre quotidien nous n’avons pas remarqué, sûr de ce que nous avions acquis, que nous allions la perdre. Enfin, quand il ne restât plus qu'un petit tas de poussière de ses atours. Il suffit d'une petite brise pour que tous nos rêves communs avec ses restes s’envolèrent…