La chose (partie 2)

Elle était arrivée à l’heure dites, était entrée dans la petite maison qui siégeait à l’adresse mentionnée et s’était immédiatement fondue dans la foule bigarrée qui déambulait dans les différentes pièces.

Longuement elle le chercha des yeux, scrutant chaque visage. Quand elle le vit enfin, assis, elle comprit a son regard que lui ne l’avait pas perdu des yeux une minute…
Douce chaleur coulant le long de ses cuisses…
Elle voulut s’avancer à sa rencontre quand d’un geste, il l’a stoppa dans son élan. Elle comprit immédiatement que c’était la dernière fois qu’elle prendrait une initiative.
La toisant d’un regard puissant, de haut en bas, méticuleusement, consciencieusement, inscrivant dans sa rétine, l’homme la scrutait, nul centimètre carré n’était oublié.
Au milieu des convives dont elles ne savaient rien, elle était complètement nue dans les yeux de cet homme dont elle ignorait jusqu’au prénom.

Elle ne le saurait d’ailleurs jamais, sous peu elle l’appellerait Monsieur.

Il secoua la tête d’un air de dégout et…

Et…

Rien!
Putain, rien!
Elle enrageait…

N’était-elle pas assez belle pour lui ?

Sa robe noire, coupée à la perfection.
Ses bas enserrant ses jambes galbées.
Ses seins petits, mais fermes, ne nécessitant aucun soutien, qui dardait sous l’étoffe.
Ces cheveux blonds impeccablement coiffés.
Ses ongles manucurés.
Elle était, là, comme une conne, sur des talons hauts, interminables, rouge vif… Abandonnée!
Sa rage, se mua en une profonde tristesse tintée de culpabilité, qu'avait-elle fait pour mériter qu’il l’ignorât de la sorte.

Il ne la regardait plus, occupé qu’il était à refroidir le liquide ambre (un Port Ellen, O.B. 2nd Release de 1978 apprendrait-elle plus tard) dans lequel tournait une pierre à whisky.

Sans but elle erra quelque temps, passant de pièce en pièce, regardant ici et là des couples se formant, des amis riants…
Des sourires, des rires, des oeillades, mains qui ce touchent, ce découvert, mots à peine articulés, corps qui tanguent, qui s’agrippent, ce rejettent.
Amour naissant, relation mourante…
Un samedi soir sur la terre comme disait la chanson.
Pour ces corps rien ne se jouait d’autre que la vie, elle en revanche n’en pouvait plus.
L’ennui, l’abandon, la solitude…

Elle tenta bien de lier connaissance, ils l’évitaient…

Repassant dans la salle au fauteuil elle vit qu'il n’avait pas bougé d’un millimètre…

Vers minuit, épuisée de l’absence de toute interaction, elle décida de rentrer.

Elle se dirigeait vers sa voiture quand elle sentit une main ferme dans son dos qui l’a poussait et l’a plaquait vigoureusement conte la portière d’une Audi noire.
Des doigts remontaient le long de ses cuisses, retroussaient sa robe, arrachaient son string Chantal Thomas en dentelle et s’enfonçaient dans son sexe.

Celui-ci s’ouvrit instantanément…
Ils la besognait puissamment.
Entre terreur, plaisir, excitation et sentiment d’abandon, elle ne pouvait voir à qui étaient ces mains, ce corps, cette chaleur, mais elle sentit…

Elle le sentit, sa douce odeur, la sienne, elle s’abandonna…

Quelques secondes passèrent, l’étreinte se relâcha, une bouche approcha de son oreille:
Ne porte plus jamais de sous-vêtement lors de nos rendez-vous, lui chuchota-t-il.

Il déposa une carte devant elle, sur le toit de la voiture, et parti…
La laissant le cul a l’air, le sexe ouvert, trempé et gourmand, elle redescendit sa robe sur ses bas, qui n’avait pas résisté à l’assaut.
Elle saisit la carte et claudiquant réussit a entrer dans sa voiture.
Une fois assise elle fit glisser le morceau de coton noir afin d’avoir les fesses au contact du cuir des sièges et fini ce que les doigts de l’homme avaient commencé. Elle jouit longuement, profondément, intensément…
Ses esprits repris, elle regarda la carte.
Une date, une heure, un lieu… une remarque: votre éducation a commencé.